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L’environnement dans la survenue des cancers
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Le rôle de l’environnement dans l’apparition de certains cancers est aujourd’hui reconnu et médiatisé, même si sa part exacte reste un sujet de controverse.

Mais qu’entend-on par environnement dans ce contexte ?

La stricte définition médicale inclut tous les facteurs de risque qui ne sont pas génétiques. D’après le Plan National Santé Environnement, il s’agit des expositions subies à des agents physiques, biologiques, chimiques présents dans les lieux de vie et de travail, ainsi qu’à ceux des événements météorologiques extrêmes.

Un impact difficile à évaluer
Régulièrement, les médias font part de nouvelles alarmantes sur des facteurs cancérogènes de notre environnement. L’environnement inquiète d’autant plus qu’il constitue un risque subi, face auquel on se sent impuissant.

Mais les craintes exprimées actuellement sont-elles toutes justifiées ?

De nombreuses études scientifiques sont menées sur l’influence des agents physiques, chimiques ou biologiques suspectés d’être à l’origine de cancers. Cependant, des incertitudes subsistent car faire la preuve du caractère cancérogène d’une substance et évaluer son impact sur la survenue de cancers est une tâche très complexe. En effet, il est très difficile d’isoler le déterminant environnemental et d’en mesurer la part alors qu’un cancer peut résulter d’expositions simultanées ou successives à plusieurs facteurs. De plus, le temps écoulé entre l’exposition au risque et l’apparition de la maladie peut durer plusieurs dizaines d’années. Par ailleurs, on sait encore mal estimer le risque de cancers associés à des niveaux de pollution relativement faibles mais chroniques.

Toutes ces difficultés expliquent la coexistence d’études aux résultats discutables et parfois contradictoires. Ainsi, la complexité du sujet et les incertitudes scientifiques rendent difficile l’affirmation de chiffres et peuvent conduire soit à surestimer, soit à sous-évaluer l’impact de l’environnement dans les causes de cancers.

En tout état de cause, un facteur cancérogène établi sur la base d'une seule étude ne peut pas être tenu pour définitivement avéré. La suspicion doit être approfondie par des études ultérieures afin de valider, ou non, les premières conclusions. Ce n'est qu'après avoir réuni les résultats convergents d’un nombre suffisant d’études sur un même sujet que l'on peut affirmer la réalité d'un risque sanitaire.

 

Une meilleure connaissance des substances cancérogènes

Les agents susceptibles d'être cancérogènes pour l'homme sont aujourd’hui mieux identifiés et font l’objet de deux classifications principales. La classification internationale établie par le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer) s'applique à l'environnement au sens large et constitue une base de référence reconnue. Environ 400 produits y sont classés en fonction des degrés de preuve de leur caractère cancérogène pour l’être humain : agent cancérogène certain, probable, possible, non classable ou probablement non cancérogène.

Au niveau européen, la nouvelle réglementation REACH, entrée en application le 1er juin 2007, vise à classifier plusieurs centaines de substances chimiques pour leurs risques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (substances dites CMR). Désormais, les entreprises qui produisent ou importent plus d’une tonne d’une substance chimique par an devront en évaluer les effets avant leur mise sur le marché et en déclarer le niveau de toxicité dans une base de données centralisée. Un système d’autorisation réglementé est en cours de mise en place au niveau européen pour la surveillance des substances cancérogènes.

L’environnement professionnel

La majorité des cancers liés à l’environnement provient d’expositions à des substances cancérogènes dans le cadre professionnel. La part des cancers professionnels est évaluée entre 4 à 8,5% de l’ensemble des cancers en France, majoritairement chez les hommes. Ces chiffres sont probablement sous-estimés car de nombreux cancers professionnels ne sont pas reconnus comme tels.

Les risques environnementaux sont mieux connus pour les travailleurs que pour la population générale en raison des concentrations plus élevées de polluants auxquelles ils peuvent être exposés, de durées d’exposition souvent longues et de la possibilité d’une surveillance précise dans un contexte circonscrit. Les études ont ainsi permis d’identifier un certain nombre de facteurs professionnels susceptibles d’augmenter les risques de cancer, en particulier l’amiante, l’arsenic, le benzène, le chrome, le chlorure de vinyle, les amines aromatiques, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, le nickel, les poussières de bois ou de cuir, les rayonnements ionisants, etc.

Les principaux types de cancers pour lesquels un lien a été établi avec des substances de l’environnement professionnel sont le cancer du poumon (amiante et autres produits toxiques) ; le mésothéliome (dont la cause principale est l'amiante) ; le cancer des cavités nasales (poussières de bois, nickel, chrome) ; le cancer de la vessie (amines aromatiques et goudrons de houille) et des leucémies (benzène, rayonnements ionisants).
Dans le milieu agricole ou viticole, plusieurs études ont mis en évidence un lien entre l’augmentation du risque de développer certains cancers (lymphomes, leucémies ou myélomes) et l’utilisation de pesticides.

Les cancers professionnels observés actuellement sont généralement les conséquences de conditions de travail qui remontent à plusieurs décennies en arrière. En effet, il peut s’écouler 30 à 40 ans entre le moment où le travailleur est exposé à une substance à risque et le moment où le cancer se déclare. Même si des progrès ont été accomplis dans la connaissance des substances cancérogènes et dans le contrôle des conditions d'exposition à ces substances, la survenue des cancers professionnels se poursuit donc.

On s’attend même à un pic de la fréquence des cancers liés à l’amiante vers 2020.

La prévention des cancers professionnels passe par la mise en place de mesures de réglementation appropriées : outre l’interdiction de certaines substances cancérogènes avérées (comme l’amiante), la réglementation française impose désormais aux entreprises de substituer tout produit cancérogène par un produit moins dangereux. En cas d’impossibilité, l’entreprise est tenue de prendre toutes les dispositions pour réduire au maximum les expositions : système clos, meilleure aération, moyens de protection collective et individuelle. La médecine du travail ou les associations spécialisées accompagnent parfois les employés pour mettre en œuvre des mesures de protection sur les lieux de travail.

Les autres facteurs environnementaux identifiés

On a souvent tendance à attribuer l’augmentation du nombre de cancers à la pollution de l’air et à la multiplication des substances cancérogènes dans notre environnement quotidien. Les estimations existantes à ce jour donnent lieu à un débat sur le rôle de la pollution environnementale dans la survenue de cancers. Alors qu’en est-il réellement ? La pollution atmosphérique, les résidus de pesticides sur les fruits et légumes, les champs électromagnétiques, les téléphones portables, les déodorants, les fours à micro-ondes… peuvent-ils causer des cancers ?

Avant de préjuger du risque lié à la présence d’une substance dans l’atmosphère ou dans un produit de consommation, la question majeure consiste à connaître l’impact de la dose concernée sur la survenue de cancers. Un critère essentiel à prendre en compte est donc l’effet produit par une dose donnée de substance et le seuil en dessous duquel il n’existe pas de risque pour la santé.

Les principaux facteurs environnementaux (hors contexte professionnel) pour lesquels on a pu mettre en évidence un impact en termes de risque de cancers sont les suivants :

L’amiante : minéral naturel fibreux longtemps utilisé comme matériau d’isolation thermique, l’amiante a provoqué une catastrophe sanitaire d’une ampleur considérable. Elle est la cause principale du mésothéliome (cancer de la plèvre) et augmente le risque de cancer du poumon. En France, son usage a été réglementé à partir de 1977 et son interdiction totale adoptée en 1997. Toutes les formes d’amiante sont classées cancérogènes par le CIRC. Si la majorité des expositions à l’amiante étaient professionnelles, elles se sont probablement aussi produites dans l’environnement domestique ou suite à une pollution localisée.

Le radon : le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration du radium qui émane du sous-sol, plus fortement dans les régions granitiques ou volcaniques. Il devient dangereux lorsqu’il s’accumule à l’intérieur des bâtiments. Les régions les plus exposées en France sont le Massif Central, les Vosges et la Bretagne. À l’origine du tiers de l’exposition de la population aux rayonnements ionisants, le radon est un facteur reconnu de cancer du poumon, qui se situe cependant loin derrière le tabac. Dans les départements où le potentiel d’émanation du radon est élevé, la mesure du radon est obligatoire dans les lieux de séjour et d’hébergement collectif. En fonction du résultat, des mesures correctives (aération, ventilation et étanchéité) doivent être mises en œuvre.

Le tabagisme passif (ou fumée environnante) : la fumée de tabac contient de nombreuses substances cancérogènes reconnues. Celui qui fume en absorbe directement des concentrations élevées, mais la fumée qui s’échappe de sa cigarette a aussi des effets nocifs sur son entourage. Selon une estimation récente, près de 6 000 décès seraient liés au tabagisme passif chaque année en France, dont 1 700 décès par cancer du poumon. Chez les adultes non-fumeurs, l’exposition chronique à la fumée de tabac dans l’air ambiant augmenterait la mortalité par cancer du poumon de 20 à 30%. Elle pourrait aussi augmenter le risque de cancers des sinus de la face et de cancers du sein chez les femmes pré-ménopausées. Ces risques augmentent avec la durée et l’intensité de l’exposition à la fumée environnante. Pour remédier aux dangers du tabagisme passif, il est désormais interdit de fumer dans les lieux publics (administrations, établissements scolaires, établissements de santé et entreprises) et dans les lieux de convivialité (bars, restaurants, discothèques, casinos).

La pollution atmosphérique : s’il est démontré qu’elle influence la santé et peut provoquer des affections cardiovasculaires et respiratoires, l’estimation de la part de la pollution atmosphérique dans l’apparition des cancers est encore largement en débat. Les résultats des études sont souvent contradictoires à cet égard, notamment du fait de la grande diversité des agents polluants présents dans l’air, de la fréquente variation de leur concentration et de la difficulté à mesurer le niveau d’exposition des individus. Parmi les composants de la pollution, les études impliquent le plus souvent les particules fines (PM2.5) émises par les moteurs diesel. Aujourd’hui, les doses d’exposition sont en général faibles par rapport aux doses toxiques. Toutefois, même en présence de faibles doses, la réduction des niveaux d’exposition importe. En effet, on connaît encore mal l’impact d’expositions chroniques à de faibles taux de polluants et le risque potentiel est d’autant plus important qu’il concerne de grands groupes de populations.

Les rayonnements ultraviolets solaires et artificiels : l’exposition excessive à ces rayons, UVA comme UVB, est majoritairement responsable des cancers de la peau.

La plupart de ces facteurs environnementaux voient leurs effets renforcés lorsqu’ils sont associés à un autre facteur de risque, comme le tabagisme ou une susceptibilité génétique individuelle : on parle d’effets synergiques. Ainsi, de faibles niveaux d’exposition à un agent environnemental peuvent s’avérer dangereux en raison de possibles interactions. C’est le cas par exemple du radon avec le tabac : le risque de cancer du poumon lié à une exposition au radon est trois fois plus important chez les fumeurs.

Au-delà des facteurs cités ci-dessus, il n’existe pas aujourd’hui de consensus dans les études scientifiques sur les risques de cancers pouvant être associés aux facteurs suivants : l’habitat proche de sources de pollution (industries, dépôts de déchets, incinérateurs…), les résidus de pesticides sur les fruits et légumes, les champs électriques et magnétiques, les téléphones portables et les antennes de téléphonie mobile. Toutefois, les recherches se poursuivent pour tenter de lever les interrogations qui subsistent sur la responsabilité de certains de ces facteurs dans la survenue de cancers.

Des moyens pour agir

Malgré les relatives incertitudes sur les risques de cancers liés à l’environnement, le principe de précaution requiert de ne pas attendre que la science ait fourni toutes les réponses pour agir. En certaines circonstances, des mesures de protection doivent donc être adoptées vis-à-vis des populations exposées à des agents suspectés d’être cancérogènes, même si la recherche n’a pas encore pleinement prouvé le lien de cause à effet.

Les moyens d’agir pour prévenir les cancers environnementaux et professionnels sont principalement de deux ordres : d’une part, accroître les connaissances et développer la veille scientifique sur les substances à risque et leur impact sur la survenue de cancers ; d’autre part, développer les réglementations et les contrôles appropriés pour maîtriser les risques identifiés. Dans la mesure du possible, des produits de substitution doivent être proposés.

Au cours des dernières décennies, des mesures ont ainsi collectivement été mises en œuvre pour limiter l’exposition des populations à des substances cancérogènes dans l’environnement général et professionnel : réduction à la source des émissions de polluants, mesures de protection des milieux, substitution de produits ou de procédés industriels… Le Plan National Santé Environnement (PNSE) et le Plan Santé au Travail fixent les objectifs à atteindre à cet égard.

Enfin, la création récente de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) a doté la France d’une instance d’expertise scientifique indépendante pour évaluer les risques professionnels et environnementaux. D’autres initiatives de surveillance, telle le Programme National de Surveillance du Mésothéliome (PNSM), ont été mises en place.

Des groupes de travail dans le cadre du Grenelle de l’environnement ont été constitués sur le thème du lien entre santé et environnement.

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