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Origine et évolution des cancers
Qu’est-ce qu’un cancer ?

Cette maladie est connue depuis l’Antiquité. C’est le médecin grec Hippocrate (460-377 a. JC) qui a comparé les tumeurs à un crabe et leur a donné pour la première fois les noms grecs de « karkinos » et « karkinoma ».

Longtemps, le cancer a été considéré comme incurable. Aujourd’hui, nombre de cancers sont guéris ou vécus comme des maladies chroniques. Pourtant, lorsqu’il est écrit au singulier, le mot garde une charge symbolique puissante, associée à des évocations particulièrement sombres.

Une grande diversité de maladies

Le mot cancer désigne un groupe de maladies très différentes les unes des autres. C’est pourquoi on ne devrait pas parler du cancer, mais des cancers, au pluriel.

Une première façon de les classer consiste à désigner l’endroit du corps où la tumeur se forme : le poumon, le sein ou la peau, par exemple.

Une autre manière, plus fine, fait appel aux différents types de tissu qui constituent le corps humain.

Lorsque la maladie naît dans un épithélium, c’est-à-dire un tissu recouvrant les surfaces internes (des organes) ou externes (épiderme par exemple), on l’appelle un carcinome.

Les formes les plus communes de cancer relèvent du groupe des carcinomes (sein, prostate, poumon, côlon…). Lorsque les cellules cancéreuses apparaissent dans l’os, par exemple, la maladie est un sarcome. Enfin, lorsque le cancer affecte le sang ou les organes lymphoïdes dans lesquels certaines cellules du sang acquièrent leur fonction, il est qualifié d’ « hématopoïétique » : leucémies, lymphomes.

A l’origine, une seule cellule

Même s’ils ne se ressemblent pas, tous les cancers ont un point commun. Ils se développent à partir d’une seule cellule anormale, qui se multiplie et prolifère de manière anarchique. C’est la multiplication de cette cellule anormale qui crée la tumeur : elle donne naissance à deux cellules filles identiques, qui grandissent et se divisent elles-mêmes pour donner quatre cellules, donnant à leur tour huit cellules et ainsi de suite. Toutes les cellules cancéreuses d’un malade proviennent donc de la même cellule-mère : on dit qu’elles forment un clone.

Dans la majorité des cas, cette prolifération de cellules anormales forme une masse qui grossit : la tumeur.

Il existe cependant des exceptions. C’est le cas des leucémies. Ces cancers naissent dans la moelle des os, là où sont fabriquées toutes les cellules sanguines : ils donnent rarement des tumeurs solides, mais inondent le sang de cellules anormales. D’autres cancers, les lymphomes, affectent quant à eux le système lymphatique, qui joue un rôle fondamental dans la mise en place de nos défenses immunitaires.

Une tumeur « maligne » ou cancéreuse grossit en général assez vite. Elle détruit les tissus alentours et les envahit. Le cancer tend ainsi à se propager de proche en proche jusqu’aux organes voisins. De plus, des cellules anormales peuvent se détacher de la tumeur et passer dans le sang ou les vaisseaux lymphatiques.

Elles circulent alors dans le corps du malade et se fixent dans d’autres organes pour donner de nouvelles tumeurs appelées métastases (du mot grec « metastasis », changement de place).

Lorsque le cancer s’est disséminé, retirer la tumeur initiale ne suffit plus pour guérir. La fréquence et l’emplacement des métastases dépendent du type de cancer : les tumeurs du poumon, par exemple, essaiment souvent dans le cerveau, alors que celles du côlon donnent plutôt des métastases au foie.

Dans la majorité des cas, les cellules cancéreuses conservent des caractéristiques de leur tissu d’origine. Ceci est valable aussi bien pour la tumeur initiale que pour les métastases, même si ces dernières apparaissent dans des organes éloignés. Si un cancer de la prostate forme des métastases dans les os, les tumeurs osseuses seront toujours formées par des cellules cancéreuses de la prostate. Le traitement s’apparentera à celui d’un cancer de la prostate, et non à celui d’un cancer des os.

Il faut cependant savoir que toutes les tumeurs ne sont pas cancéreuses. A la différence de la tumeur maligne, une tumeur « bénigne » grossit en général lentement, en comprimant les tissus alentours. Elle ne se propage pas aux organes voisins et ne produit pas de métastases. Il est rare qu’elle menace la vie du malade et il suffit de la retirer pour guérir sans risque de récidive. Ce n’est pas un cancer.

Une prolifération incontrôlée

N’importe quelle cellule du corps peut donner naissance à un cancer. Mais cette transformation est un processus long, qui peut durer des dizaines d’années.

Pour comprendre l’enchaînement des événements, il faut savoir que le corps contient des centaines de milliards de cellules, qui forment les tissus et les organes. La plupart ont une durée de vie limitée : quelques jours pour les cellules de la paroi des intestins, quelques mois pour les globules rouges du sang, par exemple. Tous les jours, des cellules se divisent donc pour remplacer les cellules mortes, mais aussi pour cicatriser les blessures.

Ce processus est étroitement contrôlé. Une cellule ne commence à se diviser que si elle en reçoit l’ordre, via des signaux chimiques appelés « facteurs de croissance ». Chaque cellule est aussi dotée d’un programme interne de « suicide », appelé mort programmée ou « apoptose ». Il se déclenche en cas d’anomalie de la cellule et provoque sa destruction en quelques heures.

Pour déjouer ces mécanismes de contrôle, la cellule cancéreuse doit acquérir un ensemble de facultés :

ne plus attendre les signaux externes pour croître et se diviser, ou bien forcer les cellules normales qui l’entourent à produire ces signaux.
être insensible aux signaux freinant sa croissance et sa multiplication.
échapper à la mort cellulaire programmée.
pouvoir se diviser indéfiniment.

L’ordre dans lequel ces facultés sont acquises diffère d’un cancer à l’autre. S’y ajoutent deux autres caractéristiques essentielles :

d’une part, la cellule cancéreuse est capable de s’insinuer dans les tissus sains voisins et de migrer dans l’organisme pour donner des métastases.
d’autre part, elle provoque la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui irriguent la tumeur et l’alimentent en oxygène et en nutriments (ce qu’on appelle l’angiogenèse). Ce dernier point est capital. Sans irrigation sanguine, la tumeur ne pourrait en effet grossir au-delà d’un dixième de millimètre.

En plus de se multiplier de façon incontrôlée, les cellules cancéreuses corrompent donc les cellules qui les entourent et les utilisent à leur avantage. Une tumeur est toujours formée par un agglomérat de cellules cancéreuses et de cellules normales, qui collaborent entre elles.

Les recherches actuelles tentent de mieux comprendre ces interactions afin de développer de nouveaux médicaments. L’approche a déjà été couronnée de succès avec la mise au point d’« anti-angiogéniques » bloquant la formation des vaisseaux sanguins autour des tumeurs qui, privées de nourriture, se nécrosent.

Toutes les cellules cancéreuses ne donnent cependant pas des cancers menaçant l’organisme. Le système immunitaire du corps dispose en effet d’armes spécialisées, les « cellules tueuses », qui sont capables de détecter les cellules anormales et de les éliminer. C’est seulement si ces défenses immunitaires sont débordées que le cancer se développe.

Une altération des gènes

L’apparition d’une cellule cancéreuse est liée à l’accumulation d’anomalies dans son ADN (son patrimoine génétique): elle subit des mutations. Son comportement anormal est dû au dérèglement de certains de ses gènes. L’étude génétique des cellules cancéreuses confirme que leur ADN est endommagé en plusieurs endroits, mais l’emplacement des mutations sur l’ADN (donc les gènes touchés) varie d’un malade à l’autre.

On classe ces gènes en trois grandes familles :

La première regroupe des gènes dont la présence ou le fonctionnement excessif contribue au cancer, car ils stimulent la prolifération cellulaire. On les appelle « oncogènes ».
La seconde famille rassemble des gènes qui, au contraire, freinent la division des cellules ou provoquent leur mort programmée. C’est alors l’absence de ces gènes, ou leur mauvais fonctionnement, qui contribue au cancer : on les appelle les gènes « suppresseurs de tumeurs ».
Enfin, une troisième famille de gènes permet à la cellule de réparer son ADN lorsqu’il est endommagé : la déficience de ces gènes joue un rôle-clé dans l’apparition des cancers.

On a déjà identifié plus d’une centaine d’oncogènes et de gènes suppresseurs de tumeurs, ainsi que de nombreux gènes de réparation de l’ADN. Certains sont à l’étude pour explorer de nouvelles pistes de traitement.

Des causes multiples

Un cancer n’est jamais le résultat d’une cause unique. Il faut un ensemble de facteurs pour que la maladie se développe.

Il peut s’agir de facteurs externes, liés à l’environnement (rayonnements, virus, produits industriels…) ou au mode de vie (tabac, alcool, alimentation…).

On en a identifié un grand nombre.

On a ainsi des preuves que les agressions répétées de l’ADN des cellules par certains produits chimiques, au premier rang desquels le tabac, ou par des rayonnements (d’origine nucléaire ou solaire) favorisent l’apparition de cellules cancéreuses.

On sait également que des virus, des bactéries ou des parasites peuvent causer l’apparition de cancers : du col de l’utérus pour le papillomavirus humain, du foie pour le virus de l’hépatite B, de l’estomac pour la bactérie Helicobacter pylori, par exemple. En agissant sur ces facteurs externes (en ne fumant pas, en limitant sa consommation d’alcool, en évitant de s’exposer trop au soleil, en ayant une alimentation saine et, lorsqu’il existe un vaccin adapté, en se faisant vacciner contre les virus à risque), on estime que 40% des cancers pourraient être évités.

Il peut s’agir aussi de facteurs internes, liés à l’hérédité.

Certaines personnes ont plus de risques de développer un cancer que les autres parce que, à leur naissance, elles portent déjà des mutations dans un ou plusieurs de leurs gènes, des mutations héritées de leurs parents et présentes dans toutes leurs cellules. Cette prédisposition génétique peut concerner un ou plusieurs types de cancers.

Il est important de connaître ces prédispositions familiales pour détecter les cancers au plus tôt. Il faut cependant savoir que la grande majorité des cancers ne sont pas liés à une susceptibilité génétique connue.

Le vieillissement joue aussi un rôle fondamental. Même si les cancers peuvent apparaître à tout âge, ils sont beaucoup plus fréquents à partir de la soixantaine. Cela est dû au cumul des agressions externes subies par les cellules et, probablement, à la moindre efficacité des mécanismes de réparation de l’ADN chez les personnes âgées.

Agir aux différentes étapes de la maladie

En l’absence de traitement, les cancers évoluent en suivant les mêmes étapes, mais à des vitesses très variables et selon des modalités propres à chaque type de cancer.

C’est ce que l’on appelle l’« histoire naturelle » d’un cancer, c’est-à-dire son évolution spontanée en dehors de toute intervention :

La maladie débute par une lésion précancéreuse, qui contient des cellules en cours de    transformation. Toutes les lésions précancéreuses ne donnent pas forcément des cancers.

Une cellule cancéreuse apparaît et commence à se multiplier. Dans un premier temps, la tumeur de petite taille reste localisée dans le tissu d’origine (c’est le cancer in situ).

La tumeur grossit et commence à envahir les tissus voisins. On parle alors de cancer invasif.

Les métastases apparaissent.
Souvent, elles touchent d’abord les ganglions lymphatiques, de petits organes en forme de haricot dispersés dans tout le corps et jouant un rôle clé dans la lutte contre les infections (on peut les palper au niveau du cou, à l’aine et sous les aisselles). Puis elles s’étendent aux autres organes.
Les métastases sont responsables de 90% des decés par cancer.

Mais cette évolution n’est pas inéluctable : il existe différents moyens d’agir pour interrompre l’enchaînement des étapes.

La prévention consiste à ne pas s’exposer aux facteurs cancérigènes pour éviter l’apparition des lésions.

Le dépistage des lésions précancéreuses, lorsqu’il est possible, permet de les retirer avant qu’elles ne dégénèrent en cancer. Plus fréquemment, le dépistage permet de détecter des petites tumeurs avant l’apparition de symptômes grâce à des examens (mammographie, test de recherche de sang dans les selles…).

Enfin, la détection précoce consiste à identifier les signes d'alerte dès leur apparition : ils varient d’un cancer à l’autre, mais il est important de savoir les reconnaître (toux persistante, présence de sang dans les selles, grosseur qui ne diminue pas…) et de consulter sans attendre.

Dans la majorité des cas, plus un cancer est soigné tôt, moins les traitements sont lourds et meilleures sont les chances de guérison.

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